Côté paillettes, ses deux fils posent aux côtés des Zinédine Zidane, Daniel Bravo ou encore Bernard Lama. L’aîné, Andy-Eddine, joue cette saison au CA Bastia, en CFA. Le plus jeune, Timothy-Ali, 24 ans, joue en équipe réserve du CO Saint-Chamond.
Formateur en métallerie soudeur, Robert Dahmani, aujourd'hui retraité, se souvient d’une enfance heureuse : « J’ai grandi au milieu d’Italiens, de Polonais, jamais il n’y avait de racisme. Quand je vois ce qu’il se passe aujourd’hui ça me fait mal au ventre. »
Alors, il parlera d’intégration, de politique, de son père arrivé en France le jour de la déclaration de la guerre, le 2 septembre 1939, de sa naissance un jour d’avril à Grand-Croix. Il marque alors un silence, le temps de l’émotion.
« Algérien d’origine, de nationalité française et kabyle de cœur. » Voilà ce qu’il répond quand on lui parle de ses racines, de ses valeurs.
Robert Dahmani ne regrette pas de ne pas avoir poussé les portes du professionnalisme. Tous les trois mois, avec ses potes Dominique Drescot, Robert Valette, Jojo Pro (responsable du centre de formation de l’OL) ou encore Bernard Lacombe, ils se retrouvent sur le plateau de la Croix-Rousse, chez « Nano » Sanchez, pour un bon gueuleton.
« On ne parle pas trop de foot pour ne pas passer pour des anciens combattants. Malgré nos vies différentes, c’est vraiment bien de se revoir. »
Finalement, on n’aura peu parlé de ballon rond. Et c’est aussi bien. Il faut partir, rentrer. Parce que c’est comme ça. Robert Dahmani lui aurait pu continuer de jaser jusqu’au bout de la nuit. Ce soir là, il n’y avait rien de plus à la télé.
C.P